DOSSIER DE PRESSE 5 ans LOI DU 11 février 2005 Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique www.fiphfp.fr www.carrefour-emploi-public.fr www.colloquesfiphfp.fr Insertion professionnelle des personnes handicapées : la Fonction publique en mouvement Depuis l’année 2006, le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP) dont la création résulte de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des doits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, favorise le recrutement des personnes en situation de handicap dans les trois fonctions publiques et La Poste et aide à leur maintien dans l’emploi. Le FIPHFP fi nance notamment les plans d’actions pluriannuels mis en place par les employeurs publics les plus importants en vue de développer l’emploi des personnes handicapées au sein de leurs structures (aménagements de postes, aides techniques et humaines, formation, actions de sensibilisation…) dans le cadre de conventions pluriannuelles. Le nombre des personnes handicapées employées au sein des trois fonctions publiques est passé de 163 500 au 01/01/2005 à 185 646 au 01/01/2007 et près de 195 000 au 01/01/2008 (chiffres provisoires). Le taux d’emploi a ainsi crû de 3,7% au 01/01/2005, à 4,2% au 01/01/2007 et près de 4,4% au 01/01/2008. Au 31 décembre 2009, 150 employeurs (dont 25 ministères, services de l’Etat et EP nationaux, 6 conseils régionaux, 18 conseils généraux, 30 villes, 50 centres de gestion de la fonction publique territoriale, 19 établissements hospitaliers) regroupant près de 60% des effectifs de la Fonction Publique avaient conventionné avec le FIPHFP. - 2007 : 7 conventions signées (25 M€ d’engagements) - 2008 : 56 conventions signées (49,3 M€ d’engagements) - 2009 : 87 conventions signées (75,2 M€ d’engagements). L’ensemble de ces conventions portent sur des objectifs de : - 15 500 recrutements - 13 500 maintiens dans l’emploi de travailleurs handicapés par les employeurs concernés. S’agissant de la plateforme des aides : en 2008 : le montant total des aides payées par la plateforme s’est élevé à 4 M€ et 366 employeurs (autres que les employeurs ayant conventionné) ont bénéfi cié de 672 aides pour un montant de 1,3 M€. en 2009 : le montant total des aides payées par la plateforme s’élevait à 5 M€ et 656 employeurs (autres que les employeurs ayant conventionné) avaient bénéfi cié de 1371 aides pour un montant de 3 M€. Au total, de 2008 à 2009, le nombre d’employeurs utilisant les aides du FIPHFP est passé de 433 à 813. Les dépenses des employeurs publics assujettis au FIPHFP engagées au travers de contrats de fournitures, de sous-traitance ou de prestations de services passés avec des entreprises du secteur protégé (ESAT et entreprises adaptées) ont augmenté de 40% de 2005 à 2008, passant de 83 à 116 M€. En 2008, l’intervention du réseau des 107 Cap Emploi dont la mission est l’orientation et l’accompagnement des personnes handicapées et des employeurs dans la relation handicap et emploi, a permis à 7 072 personnes handicapées d’accéder à un emploi pour une durée supérieure à trois mois dans les trois fonctions publiques, sur un total de 46 172 placements effectués par le réseau Cap Emploi auprès d’employeurs publics et privés. Ce chiffre devrait s’élever à 7 476 en 2009, sur un total de 41 000 placements effectués par le réseau Cap Emploi auprès d’employeurs publics et privés, chiffre en diminution du fait du contexte économique. Le FIPHFP contribue à hauteur de 15 millions d’euros par an au fi nancement du réseau Cap Emploi. Un sondage réalisé par l’Ifop pour le FIPHFP auprès d’agents des fonctions publiques et d’élus en septembre 2009 montre que : le FIPHFP est cité spontanément par 11% des sondés comme organisme oeuvrant pour l’insertion des personnes handicapées, pour les MDPH ce taux est de 12% et pour l’Agefi ph de 17%, 57% des sondés connaissent le FIPHFP, 81% des sondés qui ont été en contact avec le FIPHFP ont été plutôt satisfaits. Les recettes du Fonds se sont élevées à 147 M€ en 2008 et à 184,5 M€ en 2009. Les dépenses d’intervention du Fonds se sont élevées à 37,8 M€ en 2008 et seront de l’ordre de 124 M€ en 2009. Le Fonds a mis en place début 2009 un dispositif destiné à accroître signifi cativement l’embauche d’apprentis en situation de handicap dans la Fonction publique, avec un objectif à terme de 1 000 entrées en apprentissage par an. Afi n de permettre aux employeurs des trois fonctions publiques de contribuer à la formation des jeunes en situation de handicap, le FIPHFP a également ouvert ses aides aux élèves et étudiants handicapés en immersion professionnelle dans la fonction publique. Afin d’améliorer les conditions de travail des agents en situation de handicap et de participer au plan de relance de l’économie, le Fonds a lancé en décembre 2009 un programme exceptionnel de soutien aux travaux d’accessibilité des lieux de travail des agents des trois fonctions publiques d’un montant de 50 M€. Insertion professionnelle des personnes handicapées : la Fonction publique en mouvement L’action du FIPHFP et de ses partenaires en région : zoom sur la Bretagne État des lieux ----------------------------------------- Début du tableau ------------------------------------------ Évolution du taux d'emploi direct entre 2005 et 2007 Département des Côtes-d'Armor - Au 1/01/2005 EPA nationaux, organismes consulaires, universités, CROUS : 0,76 % Fonction publique hospitalière : 4,49 % Fonction publique territoriale : 3,18 % Total fonctions publiques : 3,67 % - Au 1/01/2006 EPA nationaux, organismes consulaires, universités, CROUS : 0,96 % Fonction publique hospitalière : 4,45 % Fonction publique territoriale : 3,77 % Total fonctions publiques : 3,94 % - Au 1/01/2007 EPA nationaux, organismes consulaires, universités, CROUS : 1,16 % Fonction publique hospitalière : 4,88 % Fonction publique territoriale : 3,94 % Total fonctions publiques : 4,20 % - Au 1/01/2008 EPA nationaux, organismes consulaires, universités, CROUS : 1,66 % Fonction publique hospitalière : 5,07 % Fonction publique territoriale : 4,5 % Total fonctions publiques : 4,62 % Département du Finistère - Au 1/01/2005 EPA nationaux, organismes consulaires, universités, CROUS : 1,21 % Fonction publique hospitalière : 4,64 % Fonction publique territoriale : 4,32 % Total fonctions publiques : 4,35 % - Au 1/01/2006 EPA nationaux, organismes consulaires, universités, CROUS : 2,93 % Fonction publique hospitalière : 4,82 % Fonction publique territoriale : 4,65 % Total fonctions publiques : 4,64 % - Au 1/01/2007 EPA nationaux, organismes consulaires, universités, CROUS : 3,22 % Fonction publique hospitalière : 5,05 % Fonction publique territoriale : 5,05 % Total fonctions publiques : 4,96 % - Au 1/01/2008 EPA nationaux, organismes consulaires, universités, CROUS : 2,8 % Fonction publique hospitalière : 5,3 % Fonction publique territoriale : 5,23 % Total fonctions publiques : 5,11 % Département de l'Ile-et-Vilaine - Au 1/01/2005 EPA nationaux, organismes consulaires, universités, CROUS : 2,69 % Fonction publique hospitalière : 4,58 % Fonction publique territoriale : 3,18 % Total fonctions publiques : 3,73 % - Au 1/01/2006 EPA nationaux, organismes consulaires, universités, CROUS : 2,42 % Fonction publique hospitalière : 4,52 % Fonction publique territoriale : 3,44 % Total fonctions publiques : 3,80 % - Au 1/01/2007 EPA nationaux, organismes consulaires, universités, CROUS : 3,02 % Fonction publique hospitalière : 4,38 % Fonction publique territoriale : 3,27 % Total fonctions publiques : 3,69 % - Au 1/01/2008 EPA nationaux, organismes consulaires, universités, CROUS : 2,91 % Fonction publique hospitalière : 4,33 % Fonction publique territoriale : 3,88 % Total fonctions publiques : 3,98 % Département du Morbihan - Au 1/01/2005 EPA nationaux, organismes consulaires, universités, CROUS : 1,46 % Fonction publique hospitalière : 4,26 % Fonction publique territoriale : 4,16 % Total fonctions publiques : 4,13 % - Au 1/01/2006 EPA nationaux, organismes consulaires, universités, CROUS : 1,46 % Fonction publique hospitalière : 4,50 % Fonction publique territoriale : 4,43 % Total fonctions publiques : 4,38 % - Au 1/01/2007 EPA nationaux, organismes consulaires, universités, CROUS : 1,67 % Fonction publique hospitalière : 5,02 % Fonction publique territoriale : 4,36 % Total fonctions publiques : 4,59 % - Au 1/01/2008 EPA nationaux, organismes consulaires, universités, CROUS : 1,63 % Fonction publique hospitalière : 5,3 % Fonction publique territoriale : 4,4 % Total fonctions publiques : 4,73 % Région Bretagne - Au 1/01/2007 EPA nationaux, organismes consulaires, universités, CROUS : 2,73 % Fonction publique hospitalière : 4,81 % Fonction publique territoriale : 4,11 % Total fonctions publiques : 4,73 % - Au 1/01/2008 EPA nationaux, organismes consulaires, universités, CROUS : 2,61 % Fonction publique hospitalière : 4,96 % Fonction publique territoriale : 4,47 % Total fonctions publiques : 4,57 % ----------------------------------------- Fin du tableau -------------------------------------------- Recours par les employeurs publics aux aides du FIPHFP Evolution du recours à la plate-forme des aides du FIPHFP: En 2008 : 26 employeurs (hors Education Nationale) avaient bénéficié de 71 770 € d’aides. En 2009 : 64 employeurs (hors Education Nationale) ont bénéficié de 279 530 € d’aides. Les services de l’Education Nationale avaient obtenu 180 900 € d’aides en 2008, ce montant s’est réduit à 32 440 € en 2009 suite au conventionnement du Ministère de l’Education Nationale avec le FIPHFP en mai 2009. Le point sur les conventionnements : Au 31 décembre 2009 : - 8 employeurs : la région Bretagne, les 2 départements du Finistère et de l’Ille-et-Vilaine, la ville de Rennes et son CCAS, la Communauté Urbaine ‘Brest métropole’ et 2 établissements hospitaliers : le CHU de Rennes et l’hôpital de Fougères. Ces 8 employeurs regroupent 25 700 agents, soit de l’ordre de 22% des effectifs publics en Bretagne (hors services de l’Etat pris en compte dans les conventions signées avec les ministères au niveau national). - Les 3 Centres de gestion de la fonction publique territoriale de la Région (Côtes d’Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine), dont les collectivités affiliées regroupent 33 000 agents, soit plus de 50% des effectifs de la fonction publique territoriale de la Région, étaient également engagés dans un partenariat avec le FIPHFP. Au total, ces conventions portent sur un engagement pluriannuel de 5 940 637 € de la part du FIPHFP et sur des objectifs de : - 568 recrutements - 1 009 maintiens dans l’emploi de travailleurs handicapés par les employeurs concernés. Les dépenses des employeurs publics assujettis au FIPHFP engagées au travers de contrats de fournitures, de sous-traitance ou de prestations de services passés avec des entreprises du secteur protégé (ESAT et entreprises adaptées) ont augmenté de 37% de 2005 à 2008, passant de 8,8 à 12,04 M€. L’action des Cap Emploi auprès des employeurs publics en Bretagne L’objectif de placements fixé aux Cap Emploi pour 2009 était de 2 177 placements : 1 856 dans le privé et 348 dans le public (16% des placements). Les placements réalisés devraient dépasser ces objectifs, puisqu’ils ont été de 2 313 placements (chiffres provisoires) : 1 861 dans le privé et 452 soit 19,5% auprès d’employeurs publics. Les placements sur des contrats de 6 mois ou plus en 2009 représentent 88% du total au niveau de la région. En 2009, le FIPHFP a contribué à hauteur de 724 356 € au financement des Cap Emploi des quatre départements bretons. L’intervention des Centres de gestion de la fonction publique territoriale Trois des quatre centres de gestion de la Fonction publique territoriale de Bretagne ont d’ores et déjà signé une convention de partenariat avec le FIPHFP. La convention avec le Centre de gestion du Morbihan est en cours d’élaboration. Ces conventions visent principalement à sensibiliser, de manière concrète, les agents et les élus aux problématiques du handicap, à favoriser le recrutement des personnes en situation de handicap et à renforcer les moyens mis en oeuvre pour maintenir dans leur emploi les agents devenus inaptes. Dans le cadre de ces conventions, et à l’initiative du FIPHFP, les Centres de gestion nouent des relations contractuelles avec les Cap Emploi pour renforcer et amplifier le rôle de ces acteurs afin d’inciter les collectivités locales à recruter des personnes en situation de handicap. Cette stratégie s’avère payante. En effet, dans le département des Côtes d’Armor, l’action combinée du Centre de gestion et du Cap Emploi a permis en 2009, le recrutement de 127 personnes en situation de handicap par des employeurs publics, contre 75 en 2008. Le Centre de gestion du Finistère a intégré à son service de missions temporaires 47 travailleurs handicapés sur leurs candidatures spontanées, avec pour objectif de les placer dans les collectivités du département et de les préparer à occuper des emplois pérennes. Ce même Centre de gestion, a engagé une action auprès des centres agréés qui réalisent les bilans professionnels dans le cadre du maintien dans l’emploi, afin de leur permettre de mieux appréhender les spécificités de la fonction publique : une action de labellisation de ces centres agréés sera mise en oeuvre en 2010 en partenariat avec le CNFPT. Cette initiative devrait être reprise simultanément par les autres Centres de gestion bretons. Pour symboliser une volonté des Centres de gestion Bretons et du CNFPT d’agir ensemble sur le recrutement et le maintien en emploi des personnes handicapées, un forum régional sur l’emploi territorial se tiendra à Brest le 9 avril 2010. 1 500 personnes sont attendues : élus, responsables de la gestion des ressources humaines, agents territoriaux et pour la première fois ce forum sera ouvert au grand public. Le développement de l’apprentissage chez les employeurs des trois fonctions publiques Le 28 janvier 2010, le FIPHFP a animé à Lorient un « Rendez-vous de l’apprentissage » dans la fonction publique, qui a réuni plus de 70 participants : employeurs et acteurs de la formation des apprentis en Bretagne. L’objectif est de développer cette forme de recrutement grâce au dispositif d’aide mis en place par le FIPHFP. L’apprentissage, comme voie d’accès à la fonction publique Propos d’acteurs de terrain Employeurs Déceler des potentiels « En Languedoc-Roussillon, région pilote en matière d’apprentissage, une soixantaine de places d’apprentis ou de contrats de professionnalisation ont été attribués en 2009, du niveau V au niveau I. L’intérêt de l’apprentissage, c’est de déceler des potentiels. » Double suivi « Nous avons un double suivi de l’apprenti : le tuteur de métier le forme sur des compétences techniques et le chef d’établissement qui est le référent, prend en compte toute l’évolution de l’apprenti et l’amène vers les perspectives d’évolution qui l’intéressent. La personne handicapée est traitée comme les autres apprentis, avec la même vigilance et le même suivi. Le tuteur et le maître d’apprentissage sont formés à la problématique du handicap afi n de se donner les moyens de réussir. C’est plus une question de potentiels et de motivation que de handicap. » Une formation reconnue «L’apprentissage n’est en rien une formation au rabais, bien au contraire. C’est une formation établie par l’Education nationale qui allie formation et professionnalisation.» Anne-Valérie Crespo, Déléguée RH, Groupe La Poste Languedoc-Roussillon Voir plus loin « Prendre un apprenti permet à la collectivité de faire de la gestion prévisionnelle, de la gestion de compétence. Cela permet à l’employeur d’avoir une réelle visibilité sur les compétences de l’apprenti car la formation se déroule sur plusieurs années. » Échanges « Pour l’employeur public, intégrer un apprenti c’est l’opportunité d’un transfert de compétences, d’un véritable échange. L’apprenti handicapé favorise un meilleur climat de travail. Cela permet de démystifi er le handicap. Pour l’apprenti, cette expérience lui permet de se professionnaliser, de mettre en pratique son savoir théorique, de devenir autonome. » Magalie ROCHON, conseillère handicap au Centre de gestion de la fonction publique territoriale du Nord Apprenti Un véritable échange « Non seulement j’apprends là-bas, mais ce qui est bien aussi, c’est que je leur apprends aussi certaines techniques, des façons de travailler et puis…Il y a un échange qui se crée. » David Triboulet, Apprenti, Mairie de Roche la Molière Maître d’apprentissage Transmission « Notre rôle, c’est de transmettre un savoir-être, un savoir-faire professionnel, de lui apprendre à travailler en équipe et aussi d’être à son écoute. » Isabelle Belle, Maître d’apprentissage, Mairie de Roche la Molière Partenaires Un réel besoin « Au niveau national, il y a 10 544 étudiants porteurs d’un handicap. C’est pourquoi il y a un réel travail d’insertion professionnelle à faire. » Florence Garcia, Chargée de mission, Handisup’ L’État agit « Avec la Région, nous avons signé une convention d’objectifs et de moyens sur l’apprentissage qui conduit l’Etat à mettre des budgets très conséquents. Cela permet aux CFA de se moderniser, se diversifi er, se développer. Nous avons un engagement fort de l’Etat aux côtés des régions pour développer l’apprentissage qui est une voie d’excellence pour s’insérer dans le monde du travail. » Gérard Pesneau, Directeur régional du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle de Bretagne Déterminer les besoins « Le premier axe de notre action, c’est de mettre en cohésion tous les acteurs qui reçoivent des jeunes, les points d’accueils, les missions locales, et le deuxième axe est de mettre en adéquation les besoins des jeunes et ceux des entreprises. La Région s’efforce de caler au mieux les formations avec les besoins des entreprises et les attentes des jeunes. » Gildas Dréan, Conseiller régional de Bretagne Centres de formation Pas de limite « Il n’y a pas de limite, l’apprentissage va du CAP au doctorat. » Les clés de la réussite « Le fait d’embaucher des personnes handicapées sensibilise les autres personnes à l’intérieur de l’établissement. Il faut que toute l’équipe soit motrice pour pouvoir accueillir dans de bonnes conditions les apprentis en situation de handicap.» Philippe Portal, Directeur du CFA de la CCI de Brest, Président de l’ARDIR Handicap = Atout « Le principal enjeu, c’est de faire le lien entre des employeurs et des apprentis potentiels et de convaincre les Joseph Patouillard, CFA Académique de Lyon Recette pour une insertion réussie « Une insertion réussie, c’est accompagner la personne handicapée, mais aussi les personnes qui vont l’accueillir. La personne clé qui va faire que l’insertion va fonctionner, c’est le tuteur, la personne qui pendant deux ans sera le maître d’apprentissage. C’est pourquoi nous avons mis en place un programme de formation des tuteurs en entreprise. Cela ne s’improvise pas, cela s’apprend.» Gil Jourjon, Directeur adjoint, SAVPEPH à Lyon – Le SAVPEPH accompagne 13 apprentis handicapés recrutés par le Conseil général de la Loire. Ces propos ont été recueillis au cours des premiers rendez-vous organisés en région par le FIPHFP sur la thématique de l’apprentissage. Emploi des personnes en situation de handicap et Fonction publique : points de vue Propos d’agents et d’employeurs publics Des lois et des droits Lorsque j’ai commencé à travailler, il n’y avait pas de structure pour les personnes handicapées. Ma surdité m’a donc bloqué au même niveau pendant de nombreuses années. Mais grâce aux lois sur le travail des personnes handicapées, j’ai pu suivre une formation et par la suite obtenir une promotion. Yves Schmidt, Conseil général de Moselle Faire carrière malgré tout Bien que recrutée avec un DEA, j’ai été positionnée à un poste de secrétaire de catégorie B en raison mon handicap. Néanmoins, à force de travail et me battant contre les idées reçues sur les personnes handicapées, j’ai pu réussir les concours et passer en catégorie A, le niveau le plus élevé de la Fonction publique. Marie-Laure Gerbaud, maison des examens, Arcueil, Education Nationale Un reclassement efficace Suite à un accident du travail, la station debout m’est devenue pénible et j’ai du reconsidérer ma carrière. Orienté vers le centre de rééducation fonctionnelle et de réadaptation professionnelle de la Tourmaline, j’y ai suivi une formation diplômante en comptabilité. Le Conseil Général, partenaire de la Tourmaline, m’a ensuite proposé un stage en son sein, qui s’est suivi d’une proposition d’emploi. J’ai particulièrement apprécié la réactivité de mon employeur à ma situation. Il avait tout prévu pour mon arrivée, notamment avec l’installation d’un poste de travail adapté à mon handicap. Xavier Morel, Conseil Général de Loire-Atlantique Rester et s’adapter Aide-soignante en fin de carrière, j’ai été en arrêt maladie suite à des problèmes de santé. Je ne travaillerais plus actuellement si j’avais écouté les organismes spécialisés. Toutefois, mon insistance auprès de mon administration m’a permis de retrouver un poste sédentaire où je fais des électrocardiogrammes et participe à la gestion des dossiers médicaux. Evelyne Benoit, CHU de Blaye * Ces propos ont été recueillis au fil des colloques régionaux du FIPHFP en 2008 et 2009, et librement mis en forme pour le présent dossier. Faire ses preuves Rentrer sur un poste réservé peut être mal perçu par vos collègues. Devant faire nos preuves, notre motivation s’en trouve renforcée et notre travail gagne ainsi en efficacité. Halima Morin, INRA Une affaire de volonté Chauffeur mécanicien dans le secteur privé, j’ai du me reconvertir complètement à la suite d’un accident grave. Je travaille maintenant dans le centre d’appel de la Direction des retraites de la Caisse des Dépôts où je réponds aux questions des retraités. Ce changement total a été possible grâce à ma motivation et à ma volonté d’apprendre. Philippe Lahore, Direction des Retraites, Caisse des Dépôts Sensibiliser Bien que mon premier poste au sein du conseil général de la Gironde nécessitait de nombreux déplacements dans les communes, ma mobilité réduite n’a pas été un frein. En effet, se retrouver face à une personne en fauteuil roulant a parfois permis une prise de conscience de la part des élus, qui ont été réceptifs à la situation. La sensibilisation des chefs de service à la thématique du handicap favorise le recrutement grâce à un changement de regard. Il faut aussi préparer l’environnement là où il y a encore des progrès à faire. Patrick Aichouba, conseil général de la Gironde S’ouvrir Quand on cache le handicap, on ruse constamment pour ne pas montrer ses difficultés. Malgré des douleurs persistantes, je l’ai masqué autant que possible avant de devoir en parler avec l’infirmière qui m’a orienté vers un service plus adapté. Christine Copin, foyer de vie de Saint-Venant On a tous à y gagner Banaliser le handicap nécessite deux choses : aménager les locaux pour faciliter la circulation des personnes handicapées et faire évoluer les mentalités, en donnant plus à ceux qui ont le moins. C’est une logique gagnant-gagnant, créant un cercle vertueux qui s’autoalimente. Faousi Akhiri, inspecteur des impôts, Metz Préparer l’entourage C’est l’adaptation à l’environnement qui est le plus difficile pour une personne malvoyante. Si des aménagements de l’espace sont nécessaires, une information préalable des collaborateurs et du public avec lequel on est en relation s’impose également. Emmanuelle Gousset, Direction départementale du travail et de l’emploi du Calvados Des challengers Lorsqu’on est porteur d’un handicap, on doit toujours montrer une capacité, un état d’esprit et une compétence constante car on est plus observé que les autres. Bruno Rouillon, CHU de Limoges Employeurs Fonction publique d’Etat L’Etat se doit d’être exemplaire A la préfecture de l’Hérault, nous sommes à 7,74% d’emplois de personnes handicapées, c’est le minimum puisque nous nous devons de montrer l’exemple. Claude Baland, Préfet de région Languedoc-Roussillon Le stage comme voie de recrutement Pour nous aider dans nos difficultés à trouver des travailleurs handicapés répondant à nos attentes, nous faisons appel à des stagiaires issus d’un centre de réadaptation professionnelle d’Evry, qui les accueille et les forme durant deux ans. Un poste leur est ensuite proposé à l’issue du stage si la personne nous convient. Patrick Laufs, INRA Compenser par la technique Nous avons récemment aménagé un poste pour un enseignant déficient visuel. Il bénéficie d’une aide humaine, une personne l’assiste pour la dispense des cours et pour les corrections. Il bénéficie également d’une aide technique et matérielle avec un ordinateur doté d’une synthèse vocale et d’une plage braille. Cette aide technique lui permet d’être autonome en classe, mais aussi chez lui grâce à un accès Internet pour la préparation de ses cours. Jacqueline Bauguil, Correspondante handicap, rectorat de Toulouse Des besoins spécifiques Pour intégrer un mal-voyant dans mon équipe, j’ai fait appel à l’aide du FIPHFP qui nous a soutenu pour les besoins en équipements. Avec l’expérience, nous avons appris qu’une gestion spécifique des conflits s’impose avec les travailleurs handicapés, car si ce sont des personnes comme les autres, ce sont aussi des personnes handicapées qui ont des besoins spécifiques. Brigitte GIOVANNETTI, Direction régionale des affaires sanitaires et sociales (DRASS), région Centre Fonction publique territoriale Un élu volontaire Notre politique volontariste dans ce domaine porte ses fruits puisque nous avons actuellement 7.74% de personnes handicapées dans nos effectifs. Grâce à un maire très engagé sur le sujet, nous avons mis en place tous les dispositifs existants en terme de contrats aidés et, créé une plateforme de gestion des ressources humaines pour aider la reconversion et la réadaptation des personnes devenues inaptes au travail ou ayant des soucis de santé. Simone Aubert, adjointe au maire, Ville de Nancy Passer à l’action avec le FIPHFP A Colomiers, 1 000 agents sont employés, dont 6% de personnes handicapées, grâce à la signature d’une charte pour leur emploi. Notre convention avec le FIPHFP signée en 2008 nous permet de passer du stade de spectateur à celui d’acteur engagé de la politique vers les personnes handicapées et un réel travail de fond s’est engagé pour dresser un état des lieux, favoriser le maintien dans l’emploi et améliorer le recrutement. Jean-Luc Petit-Roux, Ville de Colomiers 9% Le seuil des 6% est largement dépassé, avec 300 agents identifiés personnes handicapées, nous sommes plus près de 8 ou 9%. Bernadette Abiven, Ville de Brest L’imagination dans le bon sens A Angers, face à la question du maintien dans l’emploi, nous avons détectés trois difficultés majeures : repérer les postes compatibles avec le handicap, vaincre les préjugés et les réticences en interne et guider l’agent dans son nouveau poste. Sur ce point, nous avons mis en place le Système d’Adaptation Spécifique, le SAS, qui permet, après un bilan personnalisé, d’accompagner la personne concernée vers un nouveau projet professionnel durant six mois à un an. Marie-Claude Lamour, Ville d’Angers Les compétences avant tout A la mairie de Villeneuve d’Ascq, nous sommes 6.58% grâce à une réelle volonté politique depuis près de 20 ans. Si les compétences sont particulièrement mises en avant lors de l’embauche, les postes sont ensuite adaptés pour que les personnes handicapées soient complètement intégrées. Mais cela n’est possible que grâce à une véritable culture du bien vivre ensemble. Maryvonne Girard, première adjointe au maire de Villeneuve-d’Ascq Fonction publique territoriale Préparer l’avenir Si la communauté urbaine de Strasbourg emploie 6.2% de travailleurs handicapés, 70% d’entre eux ont aujourd’hui plus de 40 ans. Nous travaillons donc à mettre en place une nouvelle politique d’embauche et de formation vers les personnes handicapées pour conserver ce taux et dans la mesure du possible l’augmenter. Michel Koebel, communauté urbaine de Strasbourg Anticiper et former La démographie va ouvrir de nombreux emplois dans l’avenir, notamment dans les collectivités locales. Nous nous efforçons d’anticiper la gestion des ressources humaines en soulevant la question de la formation des personnes handicapées. Jean-Paul Boré, vice-président, Conseil régional de Languedoc-Roussillon Le soutien des tuteurs La ville de Rennes ayant une longue tradition d’accueil des personnes handicapées, la convention avec le FIPHFP a été l’occasion de formaliser nos actions. La priorité est donnée au maintien dans l’emploi mais la formation est indispensable pour accueillir des personnes en reconversion. Un système de tutorat a donc été mis en place, avec des personnes formées à cet accompagnement, qui perçoivent un complément de rémunération pour l’investissement supplémentaire que représente cet engagement. Samuel Dubois, Ville de Rennes Fonction publique hospitalière Prendre les devants Depuis 6 ans, nous sommes confrontés à la problématique de réinsertion des personnes ayant développé une maladie invalidante.10 postes sont concernés. A l’apparition de la maladie, nous cherchons des solutions au cas par cas a posteriori, mais nous ne sommes pas encore assez dans la prévention. Martine Bourgeade, CHU de Blaye Faire connaître sa situation Quelles sont les conséquences à ne pas dire le handicap ? C’est se mettre soi-même en difficulté vis-àvis de ses collègues. Se déclarer ou, en tout cas se faire connaître, présente un double avantage : pour l’employeur, il peut mettre en place des actions correctrices ; et pour la personne elle-même car elle est reconnue avec ses problèmes ou sa problématique. Hervé Léon, CHU de Limoges Prévenir et réagir Nous avons un excellent exemple d’action réussie avec le recrutement d’une vingtaine de masseurs kinésithérapeutes mal voyants.65% de nos effectifs étant du personnel soignant, notre problématique est plutôt celle du maintien dans l’emploi. Nous avons donc mis en place dans chaque établissement des commissions de veille médico-sociale composées de médecins, de DRH et d’assistantes sociales afin de détecter le plus tôt possible les situations de personnes avec des problèmes d’aptitude au poste. Sophie Granger, Hospices civils de Lyon Accompagner dans le deuil des anciennes fonctions Nous avons créé un groupe au sein de notre établissement permettant de prendre en charge toutes les personnes qui, suite à une maladie ou un accident de la vie, sont confrontés à une inaptitude à certaines fonctions. J’insiste sur l’accompagnement lors de la reconversion, qui impose le deuil des anciennes fonctions. Mounir El Harradi, CHU de Nancy